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Préférences Mag
Le dernier numéro de Pref Mag (magazine gay) a publié - avec mon accord - quelques extraits de ce blog dans un dossier sur la prostitution. Vous pouvez l'acheter dans les bons kiosques ;-) Ce blog a cessé d'être actif depuis quelques mois. Je suis toujours en vie, et je ne tapine plus à présent.
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Sleepless summer
Et voilà. Deux mois hors de tout, à ne pas dormir. Deux mois hors de moi.
Hors de moi de jouer la pute avec M., en juillet, qui veut que je le suive dans sa province sale. DEux semaines, ce n'est rien, et deux semaines, ça me paye dun moiis d'Ibiza après, ou deux mois d'études à Paris, au choix. Mais deux semaines à V, dans sa villa au crépi jaunatre, au bord de la piscine, à poser, pour le plaisir de ses yeux et de ceux de ses relations, deux mois à être en slip pour son bonheur, deux semaines à passer les nuits à tenter quelque chose de nouveau avec lui, deux semaines à faire la grasse mat le plus longtemps possible quand il est réveillé, et me lever le plus tôt possible quand il dort encore, pour ne pas être toujours collé à lui, à sa peau graisseuse, à ses poils trop noirs, à sa bedaine, à son sourcil unique, deux semaines à plonger dans l'eau et à lire, sur le transat, les pieds en l'air, avec toujours un regard posé sur moi, deux semaines de remarques sur mes lectures, mes maillots, mon cul, mes pectoraux, mon sexe, mes lèvres, le temps, les avions, la politique, les amis, les ex, les relations, le travail inepte d'un pauvre hère avec qui je ne partage rien d'autre qu'un portefeuille garni. Deux semaines à faire semblant de vivre. Pour espérer vivre après, mais ce n'est bien qu'un illusion ?
Six semaines à faire illusion. Ne plus avoir besoin de ça, se poser seul dans une chambre loin, très loin. Bords de plage, ne pas parler français. Repérer tout touriste français, même beau, et le fuir. S'attirer les locaux, draguer des israëliennes, sortir avec un australien, voir la suédoise. Six semaines à frayer dans cette ambiance aquatique des backpackers des pays les plus riches du monde, à se vautrer dans l'eau salée, à contempler les dégats de la vague, à voir ce qui n'existe plus. Six semaines à faire illusion en partant, celà a du bon. Six semaines dans lesquelles j'aurai goûté aux joies du client, aussi, et je comprends le fix.
Deux semaines, six semaines. Mais finalement, le retour.
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Plein air
Sortie de dimanche sombre et gris. Bois proche de paris. J'accompagne Henri, cadre proche de la retraite, dans sa ford mondeo. Il me raconte diverses choses sur le trajet sur son ex-femme, ses péchés de jeunesse, la mort de son fils, la révélation tardive de son homosexualité. Une psychanalyse expresse, censée m'émouvoir sur son sort. Auto-justification d'un acte que sa morale réprouve, payer pour ce qui n'est pourtant que le rappel du temps passé, désormais impossible.
Nous nous arrêtons pour une randonnée en nature. Henri porte le nécessaire à pique-nique. Il n'y a pas grand monde dans ces bois, le ciel gris et la pluie matinale ont rebuté les promeneurs familiaux, et notre homme semble pratiquer le lieu avec assiduité. Son pas assuré en témoigne.
Nous nous arrêtons dans un petite clairière reculée, calme. Déjeunons légèrement, et buvons un peu, pendant qu'Henri poursuit son monologue, en dérivant progressivement vers ses envies non satisfaites, les soumettant à mon regard d'expert, ou d'ingénu, je ne sais pas, avec une crudité croissante. Je m'effraie un peu de la tournure que prend la conversation, redoutant qu'elle ne se tranforme en actes.
Mais pas ici, pas cette fois. Il me demande juste de le déshabiller, puis de faire de même. Il est un peu gras, poilu sur tout le corps, m'encourage dans un strip tease sans entrain, méthodique. Puis réclame un massage, qui descend peu à peu vers son anus, que je sens tout de suite réactif. Je me fais la réflexion que son corps ressemble à une poire pourrie, molle, avec une couverture de moisissures. Je le stimule, le retourne, en pensant à un cachalot, il bande mou, mais après un peu d'excitation, il remonte.
Je l'encule, il jouit sur mon visage (ils adorent ça, lacher leur sperme sur une peau jeune). Nous nous essuyons et regagnons la voiture. Il ne m'adresse pas la parole du retour, me largue à la première porte parisienne, mes billets dans la poche.
Le soir, je dine avec J. et lui mens par omission, en racontant l'histoire de manière très sélective.
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McBacon et frites, plus de salade
L'été qui revient. Les manches qui raccourcissent et laissent apparaitre les avant-bras, les pieds sous les tongs qui n'ont pas encore eu leur manucure soignée, les lunettes de soleil, qui, cette année, se font un peu plus couvrantes, et la chaleur, surtout.
La chaleur qui revient, c'est une bénédicition. Elle adoucit tout, rend la torpeur légitime. Elle autorise à ne pas s'engager, à attendre, repousser le moment de la décision, des choix de vie, elle vous laisse vous couler dans le flot, en attendant que ça se passe. Elle remplit le vide. C'est bien utile.
Vide, depuis six mois. Rien avec ce mec. Ne crois pas qu'on puisse avoir de vraie relation avec un mec. N'a pas réussi non plus avec une fille, ne croit pas aux relations suivies ? Ca viendra plus tard, laissons la chaleur reprendre le dessus. Les études ne sont rien, elles passent. Les stages sans but, les sorties sans discussions, les éternelles préoccupations de riens. La vie va, continue, le flot coule, je me laisse porter.
Et non, je ne change pas. Et oui, je suis toujours là.
Hier, discussion avec L. Trois heures pour décider quel est le sous-vêtement le plus sexy. Le flot coule. La semaine dernière, retour d'un client. Trois heures pour lui faire cracher quelques gouttes de jus sur mon visage. Le mois dernier, trois heures avec H. à se comparer nos cultures comme deux ados se montrent leurs bites. Le flot coule.
S'arrêtera-t-il ?
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Réveillons
Avec ma mère en tête à tête, Noël n'est pas drôle. Elle m'est comme une étrangère, ne connait plus ma vie, et se raccroche au passé en pensant que je suis un ange. Ce que j'ai été. Le réveillon se finit vers minuit. Elle va se coucher, et je pars dans la nuit marcher dans le froid, en espérant de l'aventure. Je n'en aurai pas.
Pour le 31, c'est autre chose. Un client m'a emmené en grand week-end dans un pays suffisamment chaud pour ne pas être trop vêtu toute la journée. Tarif exceptionnel et prestations de luxe. Un homme seul, qui s'autorise un rare plaisir par an.Quelques centaines d'euros qui ne se refusent pas, d'autant plus que V., la seule vraie personne avec qui je l'aurais passé, se trouvait ave des amis d'enfance, qui n'aurait pas forcément compris en finesse la nature exacte de notre relation d'amitié érotique.
Hotel bétonné mais luxueux en bordure de plage, loin des tsunamis. Le voyage en avion fut un peu éprouvant, avec cet homme sympathique mais lubrique qui a pressé pour qu'on essaie quelque chose dans les toilettes. J'ai réussi à refuser, mais nous nous sommes branlés sous les couvertures. J'aime la sensation du sperme qui reste dans le slip, lui est parti se changer.
Il m'a offert un séjour comme à une amoureuse, comme s'il voulait me draguer, se faire croire que je suis une histoire comme une autre. Reste que je suis plutôt sympathique et ouvert, comme plan, du moment que l'argent entre. Je sais jouer mon petit boy aimant, attentionné, charmé par les attentions. Et j'aime le homard.
Sur la plage, monsieur m'exhibe comme sa conquète. Il est fier. Il parade. De vagues connaissances de l'homme entrent dans son jeu, faisant mine de croire à une histoire entre nous, mais me lancent des regards qui montrent qu'ils n'y croient pas un instant, et oscillent entre une envie de se taper la pute et un schéma moral désapprobateur.
Je réussis à me faire quelques marques de bronzage rapidement. Il aime ça, en rajoute en m'achetant un slip de bain modèle réduit. J'accepte en ajoutant une prime. Je sais que, s'il est satisfait, le pourboire sera généreux et me permettra peut-être de vive plusieurs semaines das un certain confort.
Une nuit, je le laisse dormir en ronflant. Je m'avance sur la terrasse, et décide de partir dans la ville. Il est tard, mais les rues sont encore animées. Du monde, des bars, des gens, des putes un peu plus loin, ou ce qui y ressemble. Je marche et j'observe. Je me ferais bien une fille, tiens. Je tourne encore quelques heures, vide des bières dans quelques bars et finis sur la plage. Je me baigne nu dans le noir par cette nuit plutôt fraiche, avec ne fond la rumeur des bars et des ivrognes qui rentrent. Je rentre dans la chambre, gelé, les cheveux mouillés. Il dort toujours. Je prends une douche, puis m'allonge à coté de lui. Ne pouvant m'endormir, je me branle discrètement et arrive enfin à dormir.
Bonne année à vous.
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la suite la fin le changement le reste
La suite de l'épisode précédent ?
Comme on peut s'y attendre, on est allé chercher notre pizza, attente excitée de deux gamins qui vont tester quelque chose de nouveau. Location d'un DVD. Montée rapide des étages. On enlève nos shoes, on s'affale sur le lit, j'allume la télé, sors un couteau et quelques bières, et on s'installe tranquille pour mater ça. Une fois la pizza finie, on se cale dans les coussins pour regarder le film plus confortablement. On se rapproche doucement comme deux gosses. Je ne pensais même plus au film, mais juste au momet où il allait se lancer pour tester mes services implicitement proposés de dépucelage...
Ca n'a pas trop tardé. Il s'es ttourné vers moi et m'a embrassé. Je pensais qu'il ferait quelque chose de moins "amoureux" et de plus sexuel. On a rapidement dérivé, se déshabillant sans arrêter de s'embrasser. Il bandait dur, je l'ai suivi très vite. On s'est vite retrouvés à poil, le film continuant de nous seriner ses dialogues inspides pendant qu'on se branlait, et qu'on partageait des pipes généreuses. J'ai presque eu du mal à croire que c'était sea première fois avec un mec tellement il suçait bien. Mais il le faisait avec tellement d'envie, d'excitation que çane trompait finalement pas tant que ça. Nous avons fini tout ça. Nous sommes retrouvés tous les deux sous la couette, l'un en face de l'autre, à nous mettre à parler encore.
Je n'ai pas vraiment réfléchi quand je lui ai dit.
Je ne crois pas nécessaire de penser tout ce qu'on fait, et de souvent y aller à l'instinct. Je lui ai donc dit, notre conversation dérivant sur notre activité sexuelle, nos partenaires. J'étais rouge, échauffé, peureux de sa réaction.
Il a très bien réagi. Maturité, simplicité, attention, prévenance, je ne sais pas ce que c'est. Mais j'ai beaucoup apprécié sa réponse, son intérêt, son absence de préjugés, alors que je lui disais quelques minutes après qu'on ait fait l'amour que j'étais une pute. Il a su mélanger humour et gentillesse.
La discussion a duré juqu'à tard dans la nuit. Il a finalement dormi chez moi, avec moi, pas comme un amant, mais comme un ami (ce qui ne nous a pas empêché de satisfaire à nouveau nos exigences).
Depuis, j'ai pris, avec son aide, la décision d'arrêter. Progressivement, pas comme un con de manière brutale, dans une volonté de rompre avec moi-même, mais doucement, en trouvant une façon alternative de gagner de l'argent. Grâce à quelques contacts, je suis en piste pour des petits boulots de piges dans des agences de communication. Ca devrait marcher. Je revois quelques clients mais en sollicite moins.
Ce week-end, je me fais quand même un bon plan de quatre jours de présence chez un client dont j'avais déjà parlé. Il m'a eu pour l'argent.
Avec V., nous ne sommes pas amants. C'est mon confident, je deviens le sien, et nous partageons régulièrement quelques moments de sexe plutôt sympas. Mais pas plus. Aucun n'est amoureux, mais on est tous les deux assez heureux d'avoir trouvé quelqu'un de confiance avec quu partager nos cotés sombres.
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Drole de week-end
J’avais négocié pour ce week-end un déplacement chez un client de Charente-Maritime, rencontré via internet. On s’était péniblement mis d’accord sur le forfait, et je devais y passer le week-end entier, du vendredi soir au dimanche soir. Ce genre de plans peut se révéler sympa, mais parfois très pénible, je les accepte toujours avec beaucoup d’appréhension, car j’ai eu des passages difficiles.
Finalement, le mec se décommande vendredi après-midi. Par SMS. Pas très poli, ni très respectueux de mes engagements. Dans ce genre de cas, on se rend compte du coté précaire de ce commerce. Pas d’arrhes, pas de réclamation possible, pas de droit de la consommation. Heureusement que les billets SNCF sont annulables.
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Je me trouve donc un week-end entier à Paris. J’avais dit non à V. à une sortie de week-end, prétextant la visite à un oncle au bord de la mer (demi-mensonge, ne jamais trop s’éloigner de la vérité quand on ne veut pas dire le fond…). J’ai envie de le rappeler, mais ai aussi pas mal besoin d’un peu de thunes, ne pouvant plus compter sur les ressources du week-end. Je décide de tenter un vendredi soir business, voire un peu de la journée du samedi, et d’essayer de voir V. samedi soir et plus si affinités.
Vendredi, internet ne donne rien. Les mecs cherchent pour plus tard, ne veulent pas de mes tarifs, bref, rien de bon. Je me rabats vers minuit vers la solution trottoir. C’est tard, mais on peut trouver quelqu’un un début de week-end. Je n’étais pas retourné porte dauphine depuis quelques temps. Difficile, en plus, il fait assez froid. Je me poste, et retrouve ce ballet des voitures, des marcheurs, des têtes baissées, des gestes des yeux, des mains et du menton. Un client me lève plus d’une heure après. Direction chez lui. Je le suce, il me prend, me branle, ce sera rapide, mais pas cher, de quoi alimenter quelques jours à peine. Faudra y retourner bientôt, la fin du mois approche déjà.
Samedi, je retrouve V. pour une piscine à nouveau. Derrière son air faussement naturel, je ressens une gène, une timidité, celle de quelqu’un qui en a trop dit ou de quelqu’un qui a peur de sauter le pas. On verra. En sortant des vestiaires, le matage est mutuel cette fois-ci, je ne peux pas m’empêcher de lui souligner qu’il regarde mon boxer, lui me rend la pareille en me disant qu’il a bien vu que je matte son slip… On se chamaille comme des gamins dans l’eau, puis alignons sagement des longueurs, en s’arrêtant régulièrement pour discuter, de tout de rien, des gens qui nagent, du bruit, du monde. Nous sortons du bassin, prenons notre douche cote à cote sans oser nous regarder vraiment, sinon furtivement, nous changeons, et nous retrouvons dehors. C’est reparti pour un verre. Même endroit, même heure. Un peu d’hésitation de sa part, la même de mon coté, qui ne sais pas vraiment si j’ai envie de lui, ou juste besoin de discuter, d’avoir un confident. Nous en revenons quand même au sujet qui nous laissé la dernière fois. Il m’avoue avoir eu une vague expérience homo, avec un copain, il y a quelques années, plus des attouchements qu’autre chose. Que, suite à des occasions décevantes avec des filles, il voudrait réessayer avec un mec, pour savoir. Mais il ne se sent pas du milieu, ne connaît pas le monde homo, n’est pas sûr de son coup, ne sait pas, quoi. Je balance entre séduction, réassurance, et une touche d’expérience personnelle (sans révéler la nature de mon métier). Nous sommes tous les deux entre deux eaux. Nul n’ose faire le premier pas. Surtout pas moi. Je connais ces histoires qui commencent par une sorte de dépucelage… mais suis tenté quand même…
Finalement, j’ose l’inviter à partager un bout de pizza chez moi (il habite chez ses parents) et mater un DVD. Le « plus si affinités » est inclus dans la proposition, et accepté. Nous prenons le métro ensemble, comme deux gosses heureux que leurs parents soient enfin partis…
La suite dans quelques jours, je dois y aller.
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